L’ère de la boxe publicitaire

L’ère de la boxe publicitaire

L’évolution du noble art et l’importance de l’argent dans ce sport

Les sports de combats et particulièrement la boxe ont pris au cours des dernières années un tournant inattendu. Des “combats du siècle” pleuvent par centaine et chaque challenger a droit au sien. Mcgregor-Mayweather, Mayweather-Pacquiao, Takam-Joshua, tous ces combats ont rameuté des foules en délire et des millions de dollars. Des stades rustiques de cardiffs aux luxueux casinos de Las Vegas, en passant par les rings traditionnels en Thaïlande, la boxe fait le tour du monde et conquis chaque jour le coeur de nouveaux maraux avides de combats. Néanmoins, la boxe perds essentiellement de sa superbe. Les combats sont la plupart du temps arrêtés par les arbitres, le sang ne coule plus sur le tapis, les enchaînements ont laissé place à l’observation et le KO au TKO. Mais quelle est la réelle motivation de ces spectateurs ? Pourquoi la foule est elle aujourd’hui en liesse devant ces guerriers gantés, pourtant moins braves, pourtant moins engagés qu’il y a 20 ans ?

Pendant l’âge d’or de la boxe, à l’époque du grand Ali, de Tyson ou de Frazier des enjeux sociaux étaient au coeur du noble art. Des enjeux tels que la guerre du vietnam, la lutte pour l’égalité raciale, ou encore la lutte des classes. Aujourd’hui, une pile de billets et une notoriété mondiale motive les boxeurs. Muhammad Ali décrivait son style de boxe comme une danse, une ode à la nature, il a réussi à transcender le simple combat pour donner lieu à une nouvelle définition de ce sport. Mike tyson lui se comparait à un buffle, il adopte alors un style animal, puissant, destiné à impressionner l’adversaire. Mais aujourd’hui, le “noble art” se confonds en round d’observation. L’un observe l’autre l’observer, et ce pendant trois rounds. Cela s’approche du non-sens.

Cependant, le nombre de spectateurs ne cesse d’augmenter, et les plus grandes chaînes de télévision s’arrachent à prix d’or les droits de diffusion. Cet engouement est en partie dû à la publicité et à ce nouveau phénomène de “boxe marketing”. En reprenant les codes du feuilleton, déjà utilisé par leurs ancêtres, les boxeurs arrivent à captiver l’attention du public, et se transforment en monstre de storytelling et de provocation. En effet, sans toute cette publicité, qui aurait payé 75000 dollars pour voir un boxeur retraité combattre un challenger qui n’a jamais boxé de sa vie ? C’est pourtant bien le descriptif peu alléchant du combat qui a animé cet été, le match entre McGregor et Mayweather.

Mais ne nous leurrons pas non plus, la boxe n’a jamais été l’étendard de la bien pensance et du fair play extra sportif. Pendant longtemps contrôlée par la mafia, elle a su se faire connaître du grand public pour sortir de ces zones d’ombres. c’est en tout cas ce que l’on a espéré. Avec l’avènement de boxeurs devenus des quasis rockstars, des célébrités adulés du grand public, on pouvait conjecturer quant à la disparition des combats truqués et des boxeurs corrompus. Néanmoins, la notoriété de ces sportifs aux mains bandées ont grandi avec les sommes glanées matchs après matchs. Les boxeurs se vantent presque maintenant, à l’instar de Floyd Mayweather, des pots de vins encaissés pour leurs différents combats. La boxe n’est-elle donc pas finalement passée d’une mafia à une autre ?

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